Écologie, comment surmonter l'actualité.
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J’admets que l’expérience de pensée du « Chat de Schrödinger » est un peu lugubre. Mais promis, elle pourrait s’avérer utile si l’accumulation d’événements climatiques extrêmes a un impact aussi négatif sur votre moral à vous que celle que l’élimination de l’équipe de France après un non-match hier soir a eu sur mon moral à moi.
Bref,
On ne juge pas,
Et restez bien avec moi.
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L’expérience de pensée consiste à imaginer un chat enfermé dans une boîte opaque avec pour seul compagnon une pilule de poison qui ressemble fortement à une croquette au jambon.
Alors l’énoncé du problème dans ma version avec la croquette au poison est légèrement différent que celui du modèle original avec des histoires de désintégration d’atome radioactif mais il est moins parlant et aboutit aux mêmes conclusions :
1/ On sait que tôt ou tard, le chat finira par manger la croquette au poison. Et il est inutile d’illustrer par écrit ce qu’il se passera pour le chat à ce moment précis.
2/ On sait aussi que tant que la boîte restera fermée, il sera impossible de savoir si le chat a déjà mangé ou non la croquette au poison. Et donc pour le dire sans le dire ou du moins le dire en essayant d’adoucir, tant que la boîte reste fermée le chat sera à la fois vivant et « pas vivant ».
C’est là tout l’intérêt de l’expérience de pensée : plus le temps avance plus il est probable que la croquette au poison soit en cours de digestion, mais tant que la boîte reste fermée on ne peut pas l’affirmer avec certitude. Le seul moyen de le savoir, c’est d’ouvrir la boîte.
Alors je sais ce que vous vous dites, on ne sait plus trop si c’est cette introduction qui est trop longue ou cette expérience de pensée qui est atroce. Mais de une, c’est une expérience de pensée et dans la vraie vie personne ne fait de chose pareille. Et de deux, quand bien même cette expérience aurait été réelle, elle n’aurait pas été beaucoup plus terrible que de manger un petit veau à qui on ne donne pas de croquette au poison mais un aller-simple vers nos assiettes après 6 mois d’existence.
Et puis c’est juste un symptôme d’humain dissocié du reste de la nature que de toujours considérer des animaux dans nos expériences de pensées pour les atténuer. Si on avait appelé l’expérience de pensée « la maison de retraite de Schrödinger » pas sûr qu’elle aurait eu autant de succès.
Enfin bref,
Gardons ceci en tête,
Ce sera important pour la suite.
Mais comme chaque semaine.
Avant la dissertation.
Petit rappel.
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Si vous débarquez dans cette Newsletter, notez deux choses :
1/ Elle est rédigée par les équipes de TrustSociety. Un media-boutique de sensibilisation et d’éveil écologique avec d’un côté un Média et de l’autre des boutiques de shampoing solide (Rennes, Paris et Levallois). Avec pour particularité que le média est financé par nos boutiques.
2/ Elle est rédigée en considérant qu’elle s’adresse à des « personnes ». Ce qui explique les accords féminin pluriel dans l’écriture, que personne ne se sente vexée. Pas besoin d’en dire plus pour le moment.
Sur ce,
Bonne lecture.
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En fait, c’est un peu comme les jours qui précédent un départ en vacances. On peut choisir (1) de consulter frénétiquement la météo toutes les 3 heures pour savoir si l’on aura beau temps ou non une fois en vacances. Ou alors on peut choisir (2) d’attendre d’être en vacances pour découvrir sur le moment s’il fera beau ou non.
L’avantage quand on choisit de ne pas consulter la météo, c’est que les prévisions n’existent pas. Il fait beau et moche à la fois. C’est comme notre petit chat imaginaire qui je le rappelle est en même temps vivant et moins vivant tant que la boîte est fermée. Les prévisions météos existent uniquement au moment où on décide de les consulter.
Maintenant que le contexte est posé, et soyez rassurées je sais exactement où je veux vous emmener, avant d’entrer dans la réflexion du jour, place à la revue d’actualité des 168 dernières heures sur la planète où tout allait très bien avant l’arrivée des humains, des chaînes d’info qui insistent sur l’origine volontaire des feux de forêts en sachant très bien ce que cela implique sur l’opinion publique et surtout des personnes qui décident de tirer des feux d’artifice dans un contexte de sécheresse généralisée.
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(1) La fréquence des vagues de chaleur multipliée par 4 en 50 ans ? Interrogées par Vert, les équipes de Météo France nous rappellent que « Sur les quinze dernières années, nous avons eu autant de vagues de chaleur que sur les soixante-dix précédentes ». L’idée n’étant pas de rajouter une couche sur une atmosphère déjà lourde mais plutôt de vous transmettre le petit graphique ci-dessous qui pourrait s’avérer utile en septembre quand l’opinion publique sera repassée à d’autres préoccupations. Source (Vert le Média)
(2) Certains partis sont-ils plus irresponsables que d’autres vis-à-vis des canicules ? La politique étant un domaine trop biaisé par l’obligation d’avoir dans son programme des mesures populaires pour se faire élire que des mesures efficaces pour protéger notre avenir, nous éviterons de nous prononcer sur la question. En revanche, il est à peu près certain que certains partis en sont restés à l’idée que tout ira bien une fois qu’on aura climatisé les forêts et les sous-bois. Source (Bonpote)
(3) L’engouement autour de la « Korean Skin Care » est-il justifié ? Comme le rappellent les équipes de Vert « les cosmétiques coréens sont vendus et marketés comme des produits pour avoir une peau parfaite ». Mais les enquêtes sur les listes d’ingrédients révèlent une tout autre réalité. Un peu comme l’équipe de France dès que les choses se compliquent. Et oui c’est un peu bizarre de parler des méfaits de la cosmétique coréenne dans le contexte actuel mais il faut bien faire un peu d’auto-promo par moment. Source (Vert le média)
(4) Est-il possible de faire une revue d’actualité en pleine canicule sans une intervention de Jean-Marc Jancovici. A priori non, alors sans commenter outre mesure les 48 mauvaises nouvelles communiquées dans la vidéo d’une heure et quelques puisque ce sera tout le sujet de la réflexion ci-après, voici le lien vers son intervention chez Hugo Décrypte. Source (Youtube)
Pour le reste, vous pouvez retourner dans votre hibernation digitale jusqu’à mercredi prochain si vous le souhaitez. Et pour les autres, c’est parti pour la grande réflexion du jour.
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Je précise ma pensée. Le matin c’est malin de regarder la météo avant de commencer sa journée pour s’habiller plus ou moins chaudement en conséquence. C’est un scénario assez classique où l’obtention d’une information (la météo) permet ensuite de s’adapter (la tenue) pour éviter d’avoir trop froid ou trop chaud une fois dehors.
La prise d’information est une composante essentielle de tout un tas de décisions dans la vie. Quiconque aurait déjà expérimenté de se faire le petit plaisir de payer le supplément pour voyager en première dans le TGV sans avoir sélectionné au préalable l’option « choisir ma place » pour s’assurer de ne pas être placée dans un carré saura exactement ce que je veux dire.
En revanche, il y a des situations bien spécifiques où l’information nous est plus utile quand elle reste inconnue, et c’est le cas quand elle respecte 3 conditions, notamment avec le climat.
Et avant de vous les exposer,
Petite parenthèse.
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La règle qui surpasse toutes les autres sur le terrain médiatique (réseaux sociaux, presse, etc.) est que les informations les plus susceptibles de retenir notre attention et donc de nous faire rester pendant la pub et qui ont de facto le plus de valeur pour les diffuseurs sont celles qui nous font réagir.
Puisqu’il n’existe aucun média qui puisse exister sans retenir notre attention, les informations qui font réagir sont toujours celles qui sont les plus diffusées. Pas les plus pertinentes, celles qui sont le plus à même de nous faire réagir.
Et l’écologie ne fait pas exception. Ouvrez n’importe quelle plateforme médiatique et vous aurez en boucle des informations sur les feux de forêt, les températures records ou sur les autres catastrophes climatiques. Parce qu’elles sont sensationnelles et savent nous garder captives.
Fin de la parenthèse,
Reprise de la réflexion.
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En matière d’écologie, c’est une bonne chose de faire réagir. C’est même tout le problème des 5-6 dernières années. On peut avoir autant de rapports du GIEC que l’on souhaite, tant que les étés restent relativement doux, le climat retombe au second plan.
Et pour comprendre l’intérêt des événements récents, il suffit de faire un avant / après canicule sur le programme des candidates à l’élection présidentielle. Là où l’écologie était littéralement absente de certains débats, elle est maintenant au cœur des différentes campagnes.
Et pour éviter d’assister au grand barbecue collectif en 2050 avec les humains comme ingrédient principal de la recette, c’est une très bonne chose que les événements récents fassent enfin la une de l’actualité.
Mais il y a un mais.
Et ce mais vous concerne.
Si vous êtes déjà bien informée des enjeux climatiques, que vous mettez déjà en place des actions dans votre quotidien pour faire votre part et que la sur-exposition médiatique vous mine le moral, vous avez le droit « de ne pas ouvrir la boîte ».
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Petite explication avec une petite illustration. Je reviens de 10 jours en randonnée dans les Pyrénées. Et après avoir consulté plusieurs gardiennes de refuge à mon arrivée pour savoir s’il y avait un risque plus élevé qu’à l’accoutumée de feu de forêt sur mon trajet, j’ai sciemment coupé de l’actualité pendant cette dizaine de jours.
Je savais en partant qu’il était à peu près certain que des événements climatiques extrêmes allaient survenir pendant ces 10 jours. Mais dans ma sphère mentale, pendant ces 10 jours, ces événements n’existaient pas. Ce n’est pas que tout allait bien pour les humains. Juste que ces événements n’existaient pas pour moi tant que mon téléphone restait éteint. Et ça fait du bien.
Une fois ce contexte posé, parce qu’il ne faudrait pas transformer cette stratégie comme une excuse pour une politique de l’autruche généralisée, pour savoir si l’on est dans une situation où il faut oui ou non alléger sa charge mentale liée à l’actualité, il suffit de faire un petit exercice d’auto-évaluation avec une triple question.
(1) Suis-je déjà suffisamment informée sur le sujet. (2) Suis-je déjà dans une démarche de responsabilisation individuelle pour faire ma part. (3) Suis-je dans un meilleur état mental quand je reste loin de l’information en continu ?
Si la réponse est OUI-OUI-OUI. Et j’ai presque envie de dire qu’à l’exception de la réponse NON-NON-OUI :
C’est ok de rester loin de l’actualité.
Nous ne sommes plus dans une phase de sprint comme on aurait pu l’être en 2015 ou en 2020, nous sommes dans une phase de résilience et ce sera d’ailleurs l’objet de la prochaine édition de cette Newsletter qui je l’espère sera pour une fois envoyée à l’heure.
L’actualité reste intéressante comme un relai pour convaincre ses proches et affûter ses arguments, mais elle peut aussi s’avérer épuisante. Là où l’action est régénérante.
Et l’intérêt de l’expérience du chat de machin-truc-dinger est de ne pas se dire « tout va bien » puisque votre corps sait très bien que tout ne va pas bien. De ne pas se dire que tout va mal, parce que votre corps ne peut pas fonctionner quand tout va mal. Mais de se dire que l’on reste en maîtrise des moments où l’on décide de s’informer pour voir que tout va mal. Et le reste du temps, tout va bien et mal en même temps.
Eh bien que ça paraisse bizarre,
Ça fait un bien fou.
Que vous soyez OUI-OUI-NON, OUI-OUI-OUI ou NON-OUI-OUI, je vous rappelle que si cette Newsletter peut vous parler du chat de Schrödinger en toute indépendance sans trop se soucier des répercussions c’est parce qu’elle est soutenue par nos clientes dans nos 3 boutiques et en ligne chez TrustSociety. Alors à ces personnes, un immense merci.
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Voilà.
C’est fini pour aujourd’hui.
C’était un immense honneur.
D’être le porte-parole de TrustSociety.
Et d’avoir votre attention aujourd’hui.
Bises à toutes et tous.
Et prenez soin de vous.
Pablo & co
😘😘
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PS : En ce qui concerne les propos de l’édition de la semaine passée. C’était de bonne guerre. En toute honnêteté j’avais vraiment pour ambition de travailler un peu chaque jour en me posant à côté d’un ruisseau. Mais c’est tellement puissant de rien faire. Ça devait faire 4 ou 5 ans que je n’avais pas expérimenté ce sentiment. Ne rien faire. Qu’est-ce que ça fait du bien. Enfin si, marcher toute la journée pour arriver dans un refuge perdu au fin fond d’une vallée sans réseau et sans eau chaude où les vaches vous réveillent à 6h dans votre tente parce que vous ne supportez pas les bruits de ronflement pour être en mesure de dormir avec tout le monde en dortoir. Mais de ne rien faire de productif si ce n’est que de penser à mettre le pied gauche devant le pied droit et profiter du paysage. À mon sens, c’est ce que toutes les personnes engagées au cours des 10 dernières années devraient s’octroyer pour couper et respirer un moment. Voilà. Je sens que j’ai encore le corps en mode « randonnée » qui se demande pourquoi tout d’un coup il s’inflige d’écrire une Newsletter parce que c’est mercredi alors que 3 jours plus tôt sa seule préoccupation était de marcher avec les marmottes. Alors je vais l’écouter et écourter pour aller profiter de la fin d’après-midi. En plus ce soir faut s’infliger Argentine - Angleterre. C’est terrible la vie.
PPS : Pour moi, l’intérêt de l’expérience du chat de Schrödinger et je me permets de rebondir encore une fois sur une expérience de pensée objectivement atroce en matière de bien-être animal parce que je suis actuellement en transition pour passer de végétarien à végan et que je pense que mon âme est en bonne voie d’alignement intérieur vis-à-vis du bien-être animal, c’est de sortir de la mécanique du sauveur et de la culpabilité qui va avec. On peut agir, avec détermination, de toutes ses forces, au point que cela devienne presque une raison d’être et je pèse mes mots. Mais s’accorder dans le même temps des phases de récupération mentale. Alors oui j’ai regardé France Paraguay et France Maroc de nuit avec une lampe frontale au fin fond du massif du Canigou parce que je n’arrive pas à déconstruire mon addiction pour le sport à la télé. Ça viendra, mais j’ai réussi à couper de toute forme d’actualité pendant 10 jours et je suis assez fier de moi. Ça m’a même donné plein d’idées comme le fait de parler du chat de Schrödinger. C’est dire. Le bien que ça fait, d’être un peu dans sa bulle.
PPPS : On va parler résilience la semaine prochaine. Et j’espère que vous serez là. Parce que c’est mon nouveau mot préféré, que je sens qu’il va m’habiter au cours des prochaines années et qu’il a totalement changé mon rapport à la finalité de l’engagement. C’est tout récent mais je sens que c’est puissant. Allez, à toute, et allez l’Argentine. Ah non, pas possible on les déteste. Allez les Anglais. Ah non, on les déteste encore plus. Alors il reste qui ? Allez les Espagnols. Ah non, tout mais pas eux, alors allez les Argenti… Aaaaaahhhhhhhh mais quelle vie horrible.
PPPPS : Voilà c’est fini pour aujourd’hui. Si vous avez lu jusqu’au bout. Encore une fois merci beaucoup. 😘😘







Je suis clairement OUI-OUI-OUI... mais je fait une exception pour la NL de Trust Society, curieusement la lire me fait du bien :)
PS : L'Argentine au moins ils ont joué, pas fait semblant :P